Instituée par la loi n° 2022-1158 du 16 août 2022 pour succéder à la « prime Macron » (PEPA), puis modifiée par la loi n° 2023-1107 du 29 novembre 2023 relative au partage de la valeur, la prime de partage de la valeur est un dispositif pérenne et facultatif. Tout employeur peut la verser, quel que soit son effectif, et bénéficier d'exonérations dans les limites prévues par la loi.
Peuvent en bénéficier les salariés liés à l'entreprise par un contrat de travail (CDI, CDD, temps plein ou partiel, apprentis, contrats de professionnalisation), les intérimaires mis à disposition de l'entreprise utilisatrice et les travailleurs handicapés d'un ESAT, présents à la date de versement, de dépôt de l'accord ou de signature de la décision unilatérale.
Le régime renforcé s'applique aux primes versées entre le 1er janvier 2024 et le 31 décembre 2026 par une entreprise de moins de 50 salariés à un salarié ayant perçu, au cours des 12 mois précédant chaque versement, une rémunération inférieure à trois fois la valeur annuelle du SMIC correspondant à la durée de travail prévue au contrat. La condition s'apprécie donc à chaque versement, et la durée contractuelle doit être prise en compte, notamment pour les salariés à temps partiel.
L'effectif s'apprécie au niveau de l'entreprise, tous établissements confondus, selon les règles du code de la sécurité sociale (art. L. 130-1 CSS).
À compter de 2027, les salariés des entreprises de moins de 50 salariés seront alignés sur le régime qui s'applique déjà aujourd'hui aux entreprises d'au moins 50 salariés et aux salariés rémunérés au-delà de 3 SMIC.
Lorsque le bénéficiaire affecte tout ou partie de sa PPV à un plan d'épargne salariale ou à un plan d'épargne retraite d'entreprise, la somme affectée est exonérée d'impôt sur le revenu, dans la limite du plafond d'exonération de la PPV. La CSG-CRDS reste en revanche due. L'affectation peut, le cas échéant, donner lieu à un abondement de l'employeur.
Cette règle, prévue au VI ter de l'article 1er de la loi du 16 août 2022, n'est pas limitée au 31 décembre 2026. À compter de 2027, elle devient le principal moyen de préserver l'avantage fiscal du salarié.
| À compter du 01/01/2027 | Cotisations sociales | CSG-CRDS | Impôt sur le revenu |
|---|---|---|---|
| PPV versée directement au salarié | Exonérées* | Dues | Dû |
| PPV affectée à un PEE ou un plan d'épargne retraite d'entreprise | Exonérées* | Dues | Exonéré* |
* Dans la limite de 3 000 € ou 6 000 € par bénéficiaire et par année civile.
| Situation de l'employeur | Condition pour le plafond de 6 000 € |
|---|---|
| Soumis à l'obligation de participation | Mettre en œuvre un dispositif d'intéressement |
| Non soumis à l'obligation de participation | Mettre en œuvre un dispositif d'intéressement ou de participation volontaire |
| Associations et fondations reconnues d'utilité publique ou d'intérêt général (visées aux a et b du 1 des articles 200 et 238 bis du CGI) | Aucune condition d'intéressement ou de participation |
| ESAT (primes versées aux travailleurs handicapés) | Aucune condition d'intéressement ou de participation |
Le dispositif d'intéressement ou de participation doit être en vigueur à la date de versement de la prime, ou conclu au titre du même exercice que celui du versement.
Raisonner uniquement selon le seuil de 50 salariés est une simplification : la formulation juridique exacte distingue selon que l'employeur est ou non soumis à l'obligation de participation.
Faux. Pour l'application du forfait social, la loi assimile la PPV aux sommes versées au titre de l'intéressement. Le forfait social de 20 % n'est donc dû que par les entreprises d'au moins 250 salariés. La fin du régime renforcé au 31 décembre 2026 ne modifie pas, à elle seule, cette règle.
| Effectif de l'entreprise | Forfait social sur la PPV |
|---|---|
| Moins de 50 salariés | Non dû |
| De 50 à 249 salariés | Non dû |
| 250 salariés et plus | 20 % |
Obsolète. Depuis le 1er janvier 2026, la réduction générale dégressive unique (RGDU) concerne les rémunérations inférieures à 3 SMIC, contre 1,6 SMIC auparavant. Or, pour les primes versées depuis le 1er janvier 2025, la PPV est prise en compte dans la rémunération annuelle brute servant au calcul de la réduction générale, qu'elle soit versée directement ou placée sur un plan d'épargne.
Une PPV peut donc diminuer la RGDU dont bénéficie l'employeur. L'impact dépend du niveau de rémunération du salarié et des paramètres applicables à la période considérée. Ce coût indirect doit être intégré dans l'évaluation du coût réel de la prime.
Faux. Les modalités de chaque prime peuvent être fixées par un accord d'entreprise ou de groupe (accord collectif, accord avec les syndicats représentatifs, accord conclu au sein du CSE ou ratification à la majorité des deux tiers du personnel) ou par une décision unilatérale de l'employeur (DUE), quelle que soit la taille de l'entreprise. En cas de DUE, l'employeur informe préalablement le CSE lorsqu'il existe.
Chaque prime étant distincte, un accord ou une DUE doit être établi pour chaque PPV. L'accord est déposé sur la plateforme TéléAccords.
Montant, éligibilité des salariés, impact sur la RGDU, formalisme : un point rapide permet de sécuriser le versement avant l'échéance du 31 décembre et de préparer la stratégie 2027.
Me contacterArticle à jour au 30 septembre 2026. Il ne constitue pas une consultation : chaque situation doit être analysée individuellement.